Collectif contre la video surveillance au lycée Evariste Galois de Sartrouville

27 mars 2008

Vidéo-surveillance au lycée Evariste Galois

Pendant les vacances de Pâques 2007, des caméras de vidéo-surveillance ont été installées au lycée. Elles sont en service depuis décembre dernier.

C’est en 2004, lors d’un Conseil d’Administration où siégeaient le Proviseur du Lycée, des élus locaux, des représentants des parents d’élèves et des professeurs qu’il a été décidé de faire financer et installer 28 caméras de vidéo-surveillance dans l’enceinte du lycée.

Le but officiel de cette démarche serait de lutter contre les « dégradations » commises par certains élèves. Les caméras filment en permanence et les enregistrements seront officiellement conservés quinze jours avant d’être détruits ou visionnés en cas de « besoin ».

L’installation de la vidéo-surveillance nous amène à réfléchir sur l’objectif de ce système, son utilisation, les relations et l’ambiance que cela provoque entre les lycéens et les adultes.

Les caméras ne peuvent qu’apporter méfiance dans l’établissement, et rejet des adultes par les adolescents, qui se savent filmés et donc toujours en situation de culpabilité. Un  climat de suspicion, créé par la sensation d’être surveillé et espionné ne peut que détériorer les rapports entre les personnes fréquentant l’établissement scolaire. Ce système est une atteinte à la vie privée et à la liberté des élèves et du personnel de l’Education Nationale. Quoi qu’en disent les partisans de la vidéo surveillance, un espace public doit préserver un minimum d’anonymat et permettre aux personnes d’avoir des relations sociales sans être épiées et filmées.

Le danger existe aussi que la vidéo surveillance soit utilisée pour des objectifs différents de ceux affichés au début : les responsables changent, les lois et les réglementations sont modifiées. Il est tentant ou il sera tentant de l’utiliser par exemple lors d’une grève, d’une manifestation (lutte anti CPE…). Si aujourd’hui on nous dit que cela ne sert qu’à éviter les dégradations (qu’entend-on par « dégradations » ?), les règles peuvent ne plus être les mêmes demain. La société devenant de plus en plus répressive, il est certain que de tels systèmes serviront à réprimer d’autres comportements et d’autres attitudes des élèves et du personnel (distribution de tracts, réunion afin de discuter…). On peut facilement imaginer que les images ne soient plus détruites ou alors très tardivement.

Des études récentes ont prouvé que ces systèmes donnent des résultats négatifs : ils ne règlent pas les problèmes de fond, et ne font que les déplacer. La surveillance confiée à des machines ne remplacera jamais les relations humaines et la prise en charge des difficultés éducatives par des adultes en nombre suffisant, et attentifs aux problèmes des jeunes. La banalisation du fait d’être filmé en permanence a aussi des conséquences sur l’attitude des jeunes (futurs adultes de la société de demain) qui n’acquièrent pas la notion de respect de la vie privée déjà très malmenée par l’utilisation excessive et sans accompagnement d’Internet et des portables. 

Nous demandons donc que le système de vidéo-surveillance du lycée soit désinstallé et que l’argent investi dans ce type de technologie soit utilisé pour le soutien scolaire aux élèves en difficulté et pour un meilleur encadrement humain des jeunes lycéens.

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